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La seigneurie de Saint-Denis
fut ainsi nommé par Louis de Gannes sieur de Falaise,
en l'honneur de Barbe Denis, son épouse.
Barbe Denis baptisée à Québec,
le 14 juin 1624, était la filleule du gouverneur M.
de Lauzon et fille de Simon Denis, sieur de la Trinité,
natif de Saint-Vincent de-Tours et de Dame Françoise
Tartre. Elle se maria deux fois. Elle eut pour premier mari
Antoine Pécaudy de Contrecoeur, leur mariage fut célébré
à Québec, le 17 septembre 1667. Antoine Pécaudy
se fit concéder la seigneurie de Contrecoeur par un
acte de concession de l'intendant Jean-Talon, passé
le 29 octobre 1672. Antoine Pécaudy étant décédé
à Québec, le 1er mai 1688, Barbe Denis convole
en seconde noce le 11 novembre 1691 avec le lieutenant Louis
de Gannes, sieur de Falaise.
Le 20 septembre 1694, Louis de Gannes obtenait
la seigneurie de Saint-Denis par un acte de concession du
comte de Frontenac et de Jean Bochard de Champigny, gouverneur
et intendant de la Nouvelle-France, où il est spécifié:
"que la seigneurie de Saint-Denis aura deux lieues de
profondeur, derrière la terre et seigneurie de Contrecoeur,
sur toute la largeur et longueur d'icelle qui est de deux
lieues, laquelle profondeur passera en partie au delà
de la rivière Chambly et coura les mêmes rhumbs
de vent que la dite serre de Contrecoeur, avec les îles
et îlets qui se trouvent dans la rivière de Chambly
par le travers de la dite profondeur, à titre de fief
et de seigneurie haute, basse et moyenne justice"
Le Bourg de Saint-Denis
La seigneurie de Saint-Denis, érigée en paroisse
en 1740, d'après la loi de colonisation alors en force, ne
possédait pas le droit de grouper en village, près de l'église
paroissiale, les commerçants et les artisans nécessaires à
sa population. Afin d'obtenir l'autorisation d'ériger un bourg
dans sa seigneurie, le seigneur présenta à Québec une requête
aux autorités de la colonie. Le 17 mai 1758 MM. de Vaudreuil
et Bigot, gouverneur et intendant, émirent une ordonnance
permettant à Claude Pécaudy de Contrecoeur, chevalier de Saint-Louis,
capitaine d'infanterie, seigneur de Saint-Denis sur la rivière
Richelieu, d'établir un bourg dans la dite seigneurie de Saint-Denis
sur un terrain de deux arpents de front sur quatre arpents
et trente pieds de profondeur, etc. Les premières rues du
bourg de Saint-Denis furent le chemin du roi longeant la rivière
Richelieu, la rue du Curé vis-à-vis la côte de la traverse
et la rue Sainte-Catherine. La majeure partie de la rue du
Curé disparut en 1835, lors de la construction du deuxième
presbytère; le reste de cette rue disparut en 1876, quand
l'hospice Saint-Louis fut construit. Le territoire du bourg
de Saint-Denis s'agrandit peu à peu pour atteindre une étendue
de vingt arpents en longueur et cinq arpents en profondeur,
divisée en sept rues parallèles et douze rues transversales.
La proclamation du 20 novembre 1903, érigeant le village de
Saint-Denis en municipalité, fixa son étendue à trente arpents
par neuf en profondeur, de la rue Saint-Denis vers les terres
ou environ dix arpents en profondeur en ajoutant l'étendue
du terrain de la rue Saint-Denis à la rivière Richelieu.
Municipalité du Village
de Saint-Denis,
1903 à 1940 Premier conseil municipal - Maires
- Secrétaires-trésoriers - Avis publics - Partage de l'actif
de la municipalité de la paroisse - L'affaire du grand fossé
- Le saule de M. Cheval - Rue demandée, troittoirs - Éclairage
des rues, lumière électrique, téléphone - Achat d'un terrain
- Le marché - Pompe à l'incendie, citernes, pompiers police
- Place du marché, égouts de cette place - Destitution du
secrétaire-trésorier - Kiosque - Aqueduc - Passage de la rivière,
passeurs, - Auberges, licences.
Premier conseil de la municipalité
du village
Le village de Saint-Denis fut érigé
en municipalité de village le 20 novembre 1903. La
proclamation de sa constitution fut publié dans la
Gazette officielle, le 26 novembre 1903. Pour faire suite
à cette proclamation, en conformité avec la
loi, J.B. St-Pierre, préfet du comté de Saint-Hyacinthe,
donne le 7 déembre 1903, un avis public annonçant
que l'assemblée des électeurs municipaux, pour
l'élection de sept conseillers, se tiendra le 21 décembre
1903, à dix heures de l'avant-midi, dans la salle publique.
L'assemblée des électeurs eut
lieu le 21 décembre 1903, conformément au dit
avis et fut présider par Louis Omer Dauray, N.P., nommé
à cette fin, le 7 décembre, par le dit préfet
J.B. St-Pierre. Les premiers conseillers du village élus
furent: Adolphe Charron, Diogène Chevalier, Cléophas
Dragon, Elie Leblanc, Naccisse Leblanc, Alphonse Phaneuf,
Elie Roy.
La paroisse de St-Denis
Population - Curés - Vicaires - Ordinations
- Marquilliers - Bedaux - Chantres - Organistes.
La paroisse de Saint-Denis avait à
son origine la forme d'un parallelogramme losangique de deux
lieues carrées d'étendue qui fut subséquemment
déformé par des sessions de territoire aux paroisses
de La Présentation, de Saint-Charles et de Saint-Bernard
de Michaudville.
Sa population qui en 1870 était de
2,500 varie maintenant autour de 1700. La perte de territoire,
l'émigration et la diminution des naissances sont autant
de causes de cette baisse de la population.
Dans le recensement fait par M. le chanoine
J.B. Michon, curé de Saint-Denis, la population de
la paroisse se repartissait comme suit en 1905:
- Population du village, 763, dont 601 communiants
et 162 non communiants.
- Population de la campagne, 1199, dont 840
communiants et 359 non communiants.
- Population totale de la paroisse, 1962 âmes.
On comptait 106 septagénaires et 29 octogénaires,
59 pensionnaires et 54 externe au Collège St-François-Xavier,
38 pensionnaires, 50 quart-pensionnaires et 43 externes au
couvent de la Congrégation de Notre-Dame; 186 familles
au village, 238 à la campagne.
- A la campagne, 294 personnes habitaient
le 1er rang, 313 le 2ième rang, ou rang de l'Amyot,
224 le 3ième rang, 326 le 4ième rang et 22 le
5ième rang.
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Les écoles
Nos grands parents nous parlaient des quelques
bribes d'instruction que vers 1810, ils avaient reçues
dans leur enfance des professeurs ambulants qui autrefois
stationnaient ça et là dans nos paroisses.
Monsieur le grand vicaire Cherier, curé
de Saint-Denis de 1769 à 1809, avait pourvu en premier
lieu à l'instruction régulière des filles
de la vallée du Richelieu et de la vallée de
la rivière Yamaska en construisant, en 1782, un couvent
à St-Denis. Les soeurs enseignantes de la Congrégation
de Notre-Dame en prirent possession l'année suivante.
M. François Cherrier fit aussi donner
une instruction supérieure aux garçons en fondant,
en 1805, un collège classique à St-Denis, qui
malheureusement disparut en 1817, huit ans après son
décès.
Il n'existait alors d'autres lois scolaires
que la réglementation de 1801, passée par un
gouvernement en majorité anglais et protestant, faite
en vue d'angliciser et protestantiser les habitants du Bas-Canada.
En 1824 l'évêque de Québec,
Mgr Bernard-Claude Panet permit aux fabriques de consacrer
une partie de leurs revenus pour l'établissement et
le maintien des écoles. La même année
la législature du Bas-Canada se décida de passer
une loi d'après laquelle chaque fabrique pouvait consacréer
un quart de ses revenus pour l'établissement d'une
école par paroisse. Elle pouvait cependant en établir
deux quand le nombre de famille dépassait 200.
La Rivière Richelieu (La navigation)
Le premier homme blanc à remonter la
rivière fut sans doute Samuel de Champlain en 1603.
La rivière et son environnement, en
plus d'être particulièrement poissonneuse et
riche en gibier, constituaient une voie privilégiée
pour le commerce avec le Sud. Sans dire qu'il était
proprement habité, chaque tribu défendait durement
son territoire. La rivière servait de frontière
naturelle entre les Iroquois à l'ouest et les Abénaquis
à l'est.
En Abénaqui on l'appelait MASOLIANTEKW,
qui signifie rivière de beaucoup d'argent. Elle porta
les noms de Rivière IROQUOIS et aussi de Rivière
CHAMPLAIN.
Plus tard, en 1609, Champlain partit avec
une soixantaine de Hurons et d'Algonquins jusqu'aux villages
des Cinq Nations Iroquoises non loin d'Albany afin de faire
la paix et de faire cesser les guerres entre les nations autochtones.
Mais ces efforts n'apportèrent que de nouvelles querelles
qui durèrent presque cent ans. Cette démarche
de Champlain n'est sans doute pas étrangère
au manque de sympathie que les Mohawks ont par la suite toujours
nourri pour les Français...
La rivière devint souvent le théâtre
de nombreuses luttes entre Français, Anglais, Iroquois,
Hurons, Abénaquis, commerçants de fourrures
et de produits venant du Sud. Le Régiment de Carignan,
qui remonta la rivière pour pacifier la région,
construisit un fort de pieux sur l'Île aux Cerfs ou
sur la rive ouest, près de l'île. Nous ne connaissons
par le lieu exact. Nous pouvons penser que c'était
une position stratégique de choix pour guetter l'arrivée
des Iroquois.
Un nom prestigieux pour cette rivière
Les éloges rapportés sur les
beaux territoires baignés par la majestueuse Rivière
sont probablement à la source de la décision
de lui donner un nom célèbre en France : celui
du grand cardinal Richelieu. Quelle heureuse façon
aussi d'honorer un si grand personnage du royaume! En 1642,
sous le roi Louis XIII, Montmagny décréta que
la rivière porterait le nom de RICHELIEU.
Les premières paroisses
Les premières paroisses apparurent
le long des rives à partir de 1740. Un nombre croissant
de canots, de radeaux, de barques de toutes sortes se mêlaient
aux convois militaires de la Marine, cantonnée dans
la région pour défendre le grand territoire
du Lac Champlain appartenant encore à la Nouvelle France.
L'arrivée des marchands
L'invasion de l'armée anglaise en 1759
attira de nombreux marchands de New York qui sillonnèrent
les lieux habités pour subvenir aux besoins de ses
habitants. Ils ne tardèrent pas à établir
de nombreux entrepôts un peu partout. Attirés
par le profit, ils ramenaient également des produits
locaux de la chasse et de l'agriculture.
Une voie d'eau achalandée
Apparurent à cette époque des
barges à fond plat, des gabares à voile dirigées
par de longues piques et des radeaux de bois tirés
par des chevaux à partir de la rive.
Dès 1780, le Richelieu servit de voie d'exportation
pour la potasse, les céréales d'orge et de pois
vers les villes et vers l'étranger.
XIXème siècle
La navigation sur le Richelieu prit donc une
importance considérable. La prospérité
de la région en dépendait essentiellement. Tout
le long de la rivière on construisit de vastes entrepôts,
flanqués de magasins. Les cultivateurs apportaient
leurs céréales et s'approvisionnaient au magasin
général.
Au printemps, à l'époque des
hautes eaux, des chalands remontaient de Québec pour
vider les hangars et remplir les comptoirs de marchandises
diverses.
De la Richelieu jusqu'à Londres
En 1809, une première flottille anglaise
débarqua à Québec pour approvisionner
l'Angleterre en bois d'oeuvre. C'était la faute à
Napoléon qui par son blocus sur la mer Baltique obligeait
l'Angleterre à trouver d'autres lieux d'approvisionnement.
Alors, cet été-là, on vit circuler de
grands radeaux de billots de chênes et de pins de la
meilleure qualité, puisés dans nos régions.
Ces cages étaient acheminées jusqu'à
Québec au fil du courant. Certaines rumeurs rapportèrent
que l'on se serait servi du beau bois de la vallée
du Richelieu pour construire le Château de Windsor...Qui
sait?
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